Immobilier à Arcachon : la cité balnéaire a vu son prix médian passer sous la barre symbolique des 8 000 €/m² pour la première fois depuis dix-huit mois, selon les Notaires de France (T4 2023). Cette contraction de 3,8 % en un an tranche avec la flambée post-Covid qui avait propulsé la valeur des appartements de 6 600 €/m² en 2020 à 8 300 €/m² fin 2022. En parallèle, le volume de transactions a reculé de 14 % sur les neuf premiers mois de 2023, soit 1 248 ventes enregistrées sur l’ensemble du Bassin. Une respiration bienvenue ? Pas si simple.
État du marché : volumes en légère décrue
À Arcachon, 2024 démarre sur un marché moins frénétique mais toujours tendu.
- Prix médian appartement (janvier 2024) : 7 920 €/m²
- Prix médian maison individuelle : 9 450 €/m²
- Taux moyen de crédit sur 20 ans (février 2024) : 3,74 % (Observatoire Crédit Logement/CSA)
- Nombre de biens en vente sur les portails majeurs : 420 annonces actives, soit +11 % versus 2022
Le centre-ville, entre la gare et le front de mer, reste l’épicentre des transactions. Le quartier de l’Aiguillon, historiquement tourné vers la pêche, séduit les primo-accédants bordelais en quête de volumes plus généreux (5 700 €/m² en moyenne). À l’inverse, le Moulleau maintient son statut de micro-marché de luxe, aligné sur les stations premium de la côte basque : 12 500 €/m² pour une vue bassin dégagée.
D’un côté, la hausse rapide des taux refroidit la demande locale ; de l’autre, la rareté foncière – rappelons que 70 % du territoire communal est déjà urbanisé – soutient les valeurs. L’équilibre reste fragile.
Pourquoi investir à Arcachon en 2024 ?
Quatre critères expliquent la résilience du marché immobilier à Arcachon malgré la conjoncture nationale en berne.
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Demande soutenue en résidences secondaires
– 48 % des logements arcachonnais sont des résidences non principales (INSEE, 2023).
– Le télétravail élargit la cible aux cadres d’Île-de-France (21 % des acquéreurs 2023). -
Tension locative saisonnière
– Taux de remplissage Airbnb : 87 % en juillet-août 2023 (Inside Airbnb).
– Revenus locatifs bruts moyens : 36 000 € par an pour un T3 front de mer. -
Transition écologique en marche
– La Ville déploie depuis 2022 le plan « Zéro Artificialisations Nette ».
– Les rénovations énergétiques (étiquette DPE) ouvrent droit à MaPrimeRénov’ : subventions jusqu’à 35 % du coût. -
Effet LGV et accessibilité
– Paris-Arcachon en 2 h 46 via correspondance Bordeaux ; mise à niveau des voies actée pour 2026 (SNCF Réseau).
Quelles stratégies privilégier ?
Les investisseurs arbitrent entre location meublée non professionnelle (LMNP), nue classique, ou colocation saisonnière. Exemples de rendement brut constatés fin 2023 :
- LMNP front de mer T2 : 3,5 %
- Maison de 120 m² au Moulleau (bail mobilité) : 2,8 %
- Colocation étudiante à l’Aiguillon : 4,7 %
Personnellement, j’observe que les biens sous 40 m², proches de la gare, trouvent locataire en moins d’une semaine, même hors saison. Le marché reste liquide, mais le ticket d’entrée (320 000 € pour un studio vue mer) impose une mise de fonds conséquente.
Fiscalité locale : quels leviers pour optimiser ?
La taxe foncière arcachonnaise s’établit à 24,47 % de la valeur cadastrale (2023), contre 29 % en moyenne nationale. Toutefois, la surtaxe sur les résidences secondaires, relevée à 60 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, change la donne.
Points clés à surveiller :
- Les meublés de tourisme classés bénéficient d’un abattement forfaitaire de 71 % (régime micro-BIC).
- Le dispositif Denormandie est inapplicable : Arcachon n’est pas zone éligible.
- Le déficit foncier, plafonné à 21 400 € pour 2024 (loi de finances), demeure la meilleure parade pour un bien ancien nécessitant travaux lourds.
Zoom « Qu’est-ce que la surtaxe sur les résidences secondaires ? »
Instituée par la loi Alur (2014) et modulée par les communes en zone tendue, la surtaxe s’ajoute à la taxe d’habitation. À Arcachon, elle est passée de 20 % à 60 % pour financer le logement des actifs. Concrètement, un appartement taxé 900 € d’habitation paiera 1 440 € en 2024. Les investisseurs devront intégrer ce surcoût dans leur rendement net.
Perspectives 2025 : entre attractivité et contraintes environnementales
Depuis les fresques de Toulouse-Lautrec immortalisant les bains de mer jusqu’aux villas Belle Époque de Pereire, la ville vit une histoire d’amour avec la pierre. Pourtant, l’avenir s’écrira sous double contrainte.
Pression climatique
L’élévation du niveau des océans, estimée à +20 cm d’ici 2050 (GIEC), impose de repenser les zones basses. Le plan de prévention des risques littoraux (PPRL) révisé en 2023 gèle toute nouvelle construction à moins de 50 m du rivage dans le quartier de l’Eyrac. Les assureurs, à l’image de la MAIF ou d’AXA, appliquent déjà des surprimes de 8 % sur les polices multirisques habitation.
Mutation démographique
L’âge médian des Arcachonnais atteint 53 ans, soit onze ans de plus que la moyenne française. Bruits de couloirs à l’Hôtel de Ville : une opération de « bourses d’échanges intergénérationnelles » est envisagée pour 2025, afin d’inciter les seniors à louer une partie de leur villa à des étudiants en sciences marines (campus de la Teste-de-Buch voisin).
Quel scénario prix ?
La chambre interdépartementale des notaires Gironde-Landes table sur :
- Stagnation des appartements (+0,5 %)
- Baisse maîtrisée des maisons (-2 %)
- Rebond possible dès 2026 si la Fed réduit ses taux, entraînant la BCE
Mon analyse : le marché restera bipolaire. Les biens prime gardent leur lustre, alors que les surfaces énergivores sans extérieur subiront la décote. La rénovation énergétique, plus qu’une lubie réglementaire, deviendra un catalyseur de création de valeur.
Enjeux connexes à surveiller
- Déploiement de la 5G sur le Bassin : impact sur les télétravailleurs et la demande locative.
- Marché secondaire à La Teste et Gujan-Mestras : relais de croissance pour budgets serrés.
- Évolution de la taxe Gemapi, dédiée à la protection contre les inondations, actuellement 15 € par habitant.
Regard personnel
Après dix ans à décrypter les dynamiques de la côte Atlantique, Arcachon continue de m’étonner par sa capacité à mêler patrimoine architectural et innovation urbaine. À chaque enquête, je découvre un nouvel angle : hier l’ombre de François Mauriac sur la plage Pereire, aujourd’hui l’empreinte carbone d’une villa passive en ossature bois. Si, comme moi, vous cherchez à anticiper la prochaine vague – qu’elle soit écologique, sociétale ou tout simplement immobilière – restez curieux ; le Bassin offre encore bien des marées à observer.
